Nous n'assisterons plus à des conférences aux Etats-Unis jusqu'à ce que tous nos collègues en aient la possibilité.

La pensée scientifique est l'héritage commun de l’espèce humaine
Adbus Salam, Prix Nobel de Physique 1979


La science est une entreprise globale, qui promeut l’ouverture d’esprit, la justesse, et la collaboration. Aujourd'hui, elle est ébranlée par la division et la discrimination.

Les Etats-Unis ont largement bénéficié de collaborations internationales ouvertes et sans frontières, et sont l’un des plus fervents défenseurs de ces valeurs. Beaucoup d’entre nous travaillent avec des scientifiques aux Etats-Unis, et ont bénéficié de l’hospitalité de leurs institutions, de leurs équipements et de leurs financements. Beaucoup d’entre nous ont étudié, enseigné, ou encore travaillé aux Etats-Unis, et créé des collaborations et amitiés fortes dans ce pays.

Le gouvernement américain a récemment mis en place un décret anti-immigration envers sept pays, uniquement basé sur la nationalité, incluant également les binationaux. Même si la majorité d’entre nous n’est pas affectée, ce décret ébranle les fondations même de notre travail et de notre identité en tant que scientifiques. Par le passé, des restrictions de séjour et de voyage avaient déjà nui à nos collaborations scientifiques, cette nouvelle interdiction atteint un tout autre niveau.

Par solidarité avec nos collègues, nous nous engageons à ne pas participer aux conférences ayant lieu aux Etats-Unis où tous ne peuvent assister, quelles que soient leur nationalité ou leur religion. Nous demandons expressément au Président des Etats-Unis de lever l’interdiction d’entrée sur le sol américain de nos collègues afin de ne pas mettre une barrière à la science et à la coopérations entre les nations dont elle dépend.

Nous encourageons les communiqués contre ce décret issus par des organismes professionnels tel que l’Union Astronomique Internationale (UAI), et encourageons tous les autres à en faire de même. En tant que scientifiques internationaux nous refusons d’être divisés. Nous ne pouvons pas en toute conscience continuer à bénéficier des privilèges qui viennent d’être ôtés de façon totalement arbitraire à nos collègues, étudiants et enseignants.